300 millions d'enfants-esclaves
Le dernier livre du journaliste et auteur prolifique Martin Monestier s'intitule Les enfants-esclaves. L'enfer quotidien de 300 millions d'enfants. Pour arriver à lire ce livre jusqu'au bout, il faut rester à la surface des mots, imperméable à toute émotion. Il faut barricader son coeur.
par Sergine Desjardins. (Cet article a été publié dans le magazine Lumière & Vie d'avril 1999).
C'est dans un style très sobre que Martin Monestier décrit les abus dont sont victimes les enfants du monde entier. Il raconte les faits, simplement, sans y ajouter une réflexion éthique ou philosophique, sans parler de la terreur ou du désespoir qu'il a vu dans les yeux de ces enfants. On le comprend d'avoir adopté ce ton neutre, dénué d'émotion. Nul besoin d'en rajouter. Les faits, en eux-mêmes, parlent haut et fort.
Monestier raconte que des enfants Philippins travaillent jour et nuit dans des conditions atroces dans les porcheries, partageant la nourriture et l'habitat des porcs dont ils s'occupent. Il écrit que des petits Indiens, souvent à peine âgés de 3 ans, sont accroupis jusqu'à 11 heures par jour à même le sol d'une usine de production d'allumettes, afin de tremper des petits morceaux de bois dans des substances extrêmement toxiques dont ils respirent les vapeurs. Il dénonce l'exploitation des enfants asiatiques qui plongent en apnée à des profondeurs de 100 pieds sans aucun équipement et ce, afin de pousser les bancs de poissons vers les filets des pêcheurs, risquant ainsi, non seulement d'être attaqués par des poissons prédateurs, mais aussi de mourir à cause d'une décompression trop rapide. La liste peut s'allonger presqu'à l'infini. Les exemples d'exploitation des enfants sont si nombreux que le livre grand format de Monestier compte près de 300 pages.
La cruauté innommable de ceux qui exploitent les enfants est loin d'être un phénomène marginal. Plus de 300 millions en sont victimes. Ce chiffre peut paraître exagéré. Pourtant, non seulement ce nombre reflète la triste réalité mais il ne cesse de croître. Au Bengladesh, les commandes américaines sont telles que les usines ont doublé leur main-d'oeuvre enfantine. En un sens, nous sommes tous un peu complices de l'esclavage des enfants de par le monde. Plusieurs industries des pays en voie de développement sont contrôlées par des sociétés multinationales qui écoulent leur marchandise dans les pays riches, dont le nôtre bien entendu. Certains vêtements que nous portons sont confectionnés dans des usines du Honduras, pour ne nommer que ce pays-là, par des fillettes de 12 ans à peine qui sont, et je cite Monestier, «enfermées dans des usines de textiles où elles travaillent de longues heures pour des salaires pitoyables, sans pause, ni eau potable, dans une température de 40 degrés». Une chemise qui se vend chez nous 60$ coûte moins de 10 cents en main-d'oeuvre. Le prix de la misère des enfants-esclaves n'apparaît pas sur les étiquettes des vêtements. Il n'apparaît pas non plus sur celles des tapis qu'ils confectionnent. Au Pakistan, un industriel du tapis affirmait devant les caméras que les enfants qu'il exploite lui appartiennent et qu'il peut en faire ce qu'il veut. Et c'est ce qu'il fait en toute impunité! Non seulement fait-il travailler, dans les pires conditions, des enfants à peine âgés de 4 ans et ce, de 6 heures le matin à 7 heures le soir, mais «tout le village sait que cet homme et ses deux contremaîtres violent la plupart de ces petites ouvrières dès qu'elles atteignent l'âge de 6 ou 7 ans». Nous n'avons pas à l'esprit toute cette misère lorsque nos mains caressent les tapis soyeux. À cause de notre ignorance, nous l'avons encore d'autant moins à l'esprit lorsque nous respirons l'odeur de certains parfums. Car peu d'entre nous savent qu'en « Égypte, dans le delta du Nil, de juillet à octobre, les petits cueilleurs de jasmin se lèvent à 1 ou 2 heures du matin et travaillent sans pause ni repas 10 heures par jour. La récolte, pour le compte d'une société européenne de cosmétiques, doit se faire de préférence dans l'obscurité et l'humidité pour que les fleurs gardent toute leur essence».
Lorsque l'esclavage des enfants est dénoncé, certains dirigeants de grandes entreprises multinationales prônent leur innocence en arguant qu'ils ignorent que ce sont des enfants, en non des adultes, qui fabriquent leurs produits. Bien sûr, on peut leur donner le bénéfice du doute. Mais pas toujours. Monestier rapporte par exemple le cas du P.D.G. d'une société américaine qui a visité à plusieurs reprises les camps de concentration chinois où des jeunes de moins de 18 ans fabriquaient des treuils qu'il achetait à bas prix. Ce P.D.G. a fermé les «yeux sur les ouvriers en uniformes numérotés, maigres et au crâne rasé». Il avait d'autant plus intérêt à feindre de ne rien voir que la Chine lui achetait des produits technologiques.
Objets de consommation.
Dans un monde où tout est consommable, il n'est guère étonnant que les enfants soient monnayables. D'autant plus que les trafiquants d'enfants y voient une source de revenus alléchante. Monestier rapporte par exemple le cas d'une Pakistanaise ayant vendu son bébé 75 cents à un trafiquant d'enfants qui l'a revendu 75,000 dollars un mois plus tard. Selon la loi de l'offre et de la demande, les transplantations d'organes ont créé une demande souvent vite comblée, encore une fois, par des trafiquants avides de profits. En Argentine, un directeur d'hôpital a été arrêté pour avoir fait prélever clandestinement des cornées sur des enfants. On apprend du même souffle que 3000 petits brésiliens ont été «adoptés» à des fins tels que la vente de leurs organes et l'exploitation sexuelle. Car le trafic d'enfants permet à des pédophiles d'abuser sexuellement des enfants qu'ils ont «adoptés».
Selon la même logique marchande, les enfants difformes sont une «marchandise» très recherchée. Pourquoi? Parce qu'ils inspirent la pitié et sont ainsi une source de revenus intéressante pour les souteneurs qui exploitent des réseaux de mendicité organisée. Parfois, ils sont enlevés à leurs parents mais, dans d'autres cas, le croira-t-on?, ce sont des parents eux-mêmes qui crèvent les yeux de leurs enfants ou les estropient aux pieds et aux mains. On ose à peine imaginer le degré de détresse morale de ces enfants. Atteints dans leur âme et dans leur intégrité physique, ils doivent se disputer la charité des touristes avec quelques milliers d'autres enfants-mendiants du Tiers-Monde. Depuis 1993, à Rio de Janero, 6 000 enfants de la rue ont été assassinés à la mitraillette par les «escadrons de la mort» où d'autres groupes d'extermination. Plus de la moitié des enfants tués gagnaient leur vie en mendiant ou en effectuant un travail dans la rue.
La cupidité
La cupidité est tristement féconde. Elle stimule l'imagination des exploiteurs d'enfants à un point tel que toutes les activités humaines peuvent être entachées par l'exploitation des enfants. Le domaine du «divertissement» n'y échappe pas. C'est ainsi que des enfants d'à peine 5 ans sont vendus par des trafiquants à des éleveurs de dromadaires qui les utilisent comme jockeys. Les éleveurs font preuve d'une logique impitoyable. Plus l'enfant est léger, plus le dromadaire peut courir vite: L'enfant est donc sous-alimenté. Plus l'enfant est nerveux ou terrorisé, plus il gesticule et donne des coups de pieds au dromadaire et plus celui-ci court vite: L'enfant reçoit donc, avant la course, des coups de fouets ou des décharges électriques.
Les lieux de villégiature qui sont de véritables paradis pour les touristes sont souvent des enfers pour les enfants qui y habitent. Dans chaque ville du Tiers-Monde, un visiteur pourrait voir, s'il s'aventurait hors des sentiers battus des agences de voyage, des enfants, qui, du matin au soir, les jambes enfoncées dans les ordures déchargées par les bulldozers et entourés de centaines de mouches, s'affairent à détecter et ramasser ce qui leur semble monnayable. Lorsque l'un de ces enfants est tenaillé par la faim, ce qui est très fréquent, il se dispute la nourriture avec les chiens errants qui, eux aussi, trouvent de quoi survivre dans les dépotoirs. D'autres enfants travaillent dans des lieux tout aussi sordides. En Afghanistan, ils vont dans les cimetières afin d'exhumer des squelettes qui serviront à la fabrication d'aliments pour le bétail.
En lisant Monestier, on se prend à rêver que si l'être humain mettait au service du bien collectif les trésors d'imagination dont il est capable, on se prend à rêver, dis-je, que la terre serait, pour paraphraser le chanteur Georges Moustaki, un jardin habité par des millions d'enfants.
Le sadisme.
On ne peut lire Monestier sans être taraudé par la complexe question du sadisme. Au fil de la lecture, les pourquoi deviennent de plus en plus récurrents. Pourquoi y a-t-il des gens qui, non seulement sont fascinés par le souffrance des autres, mais qui y trouvent le summum et la quintessence de la jouissance? se demande-t-on lorsqu'on lit que certains individus exigent que la mort des enfants qu'ils voient dans les films porno soit réelle et non pas simulée. On ne le sait que trop, les femmes sont habituellement recherchées pour tenir le «rôle» de la victime dans ces films. Or voilà que, de plus en plus, ce sont les enfants qui prennent leur place. «Parmi les cassettes pédophiles qui circulent sous le manteau», écrit Monestier, il faut signaler les "smah movies", où des enfants sont torturés et assassinés devant une caméra». Et ces cassettes sont très en demande!!!.
Les publications où des enfants sont impliqués dans des relations sexuelles recoivent le soutien d'une certaine critique littéraire complaisante, souligne Monestier. Il ajoute pertinemment que «s'élever contre ce type de publication, c'est s'exposer inévitablement aux accusations de censure, de fascisme, d'atteinte intolérable aux libertés inaliénables et sans frontières auxquelles peut prétendre tout créateur».
S'élever contre toute forme de censure est à ce point «politiquement correct» qu'il n'est guère étonnant qu'un pédophile récidiviste profite du peu de temps où il est interné pour rédiger un livre racontant dans le menu détail comment il a abusé d'enfants et que son «oeuvre» connaisse un franc-succès. Vive la liberté d'expression! À bas toute forme de censure! Ne soyons surtout pas moralisateurs! pourrait-on ajouter, avec un cynisme bon chic bon genre, si nous étions totalement inconscients des souffrances engendrées par cette «belle ouverture d'esprit».
L'espoir
En lisant Monestier, on se prend à espérer que si la vie met sur le chemin de chaque enfant-esclave quelqu'un qui saura en prendre soin, l'aimer inconditionnellement, lui offrir la sécurité et le réconfort, on se prend à espérer dis-je, qu'il pourra rattraper le temps perdu de son enfance. Et que sa vie sera semblable à celle de millions d'autres enfants de la terre. Qu'il y aura, dans ses rêves, de la magie, des génies, des chevaliers courageux. Qu'il y aura des bras affectueux pour le bercer, de la tendresse dans son quotidien. Mais ce rêve, pour la majorité des enfants-esclaves, est une chimère.
Car les enfants abusés, humiliés, violentés, atteints dans leur intégrité physique autant que morale, portent en eux une blessure indicible et inexpugnable. Car si, pour certains, l'espoir d'une vie meilleure est encore lové au fond de leur coeur, plusieurs autres enfants sont minés par l'énorme sentiment de vengeance qui les habitent. À un point tel qu'ils commettent à leur tour les pires atrocités et que les chefs de guerre les considèrent comme étant des combattants «meilleurs que la plupart des adultes. Leur violence est incommensurable et absolue. On ne peut ni les raisonner, ni marchander sa vie, ni demander pitié» racontent les rescapés du massacre d'un village de Mozambique. Pourquoi et comment en sont-ils arrivés là? Plusieurs d'entre eux ont été enlevés à leurs parents dès l'âge de 6 ans afin de subir une initiation militaire. Ils sont «endurcis par toute une série de violences. Ils sont souvent attachés, affamés, participent à des journées de marche forcée; ils recoivent quotidiennement des brimades et des coups, et sont même exécutés à titre d'exemple (...). Les filles sont données aux officiers, entre les combats. La dureté de cet environnement immédiat et les traitements brutaux qui les terrorisent en permanence n'ont qu'un but: les transformer en féroces guerriers, les pousser à se montrer sans humanité dans les opérations militaires. Il faut qu'ils tuent sans hésitation, ni état d'âme. Et ça marche» écrit Monestier.
Et ça marche d'autant plus facilement qu'une des stratégies d'embrigadement vise à rendre impossible le retour des enfants dans leur communauté. Ainsi, leurs «premières épreuves, exécutées sous la menace, consistent à tuer leurs parents». On comprend aisément pourquoi il leur est impossible de trouver refuge dans leur village où ils seraient l'objet de l'opprobre général.
Ces enfants trouvent dans la violence la seule issue possible car ils sont convaincus que, plus jamais, personne ne pourra les aimer après ce qu'ils ont fait. Les psy sont unanimes à dire que leur attitude violente «semble être la réaction psychologique de défense qui leur permet de compenser leur sentiment d'impuissance, d'abandon et de mésestime d'eux-mêmes».
Les pays riches
Il serait naïf de penser que les pays riches ne possèdent pas leur lot d'enfants-esclaves. Aux États-Unis, écrit Monestier, «le problème des enfants des rues atteint des sommets inconnus ailleurs. Les statistiques sont effrayantes. Rejetés, mal-aimés, abandonnés, les enfants sont adoptés par les gangs qui deviennent leur première et seule famille dès l'âge de 7 ou 9 ans». Il ajoute que les armes à feu sont la première cause de mortalité chez les enfants et jeunes ados-masculins car un enfant est tué par balle à toutes les deux heures!!!.
Martin Monestier parle très peu du Canada. Il n'en fait mention qu'en ce qui concerne la pédophilie et la prostitution. Il précise que les réseaux de pédophilie et de prostitution mexicains proposent des enfants de moins de 10 ans aux Américains et aux Canadiens. Plus loin, il ajoute qu'au Canada, «on estime à plus de 15,000 les enfants mineurs livrés à la prostitution». Il mentionne aussi le cas d'un photographe parisien arrêté au Sri Lanka alors qu'il travaillait à la mise en place, au Canada, d'un musée secret de la pédophilie.
Bien sûr, comme dans tous les pays du monde, riches ou pauvres, la situation des filles est souvent plus pénible que celle des garçons. Dans les pays pauvres, la pratique de l'infanticide ou de l'avortement des filles est fort répandue. Des démographes vont jusqu'à affirmer que dans le nord de l'Inde, «les filles sont une espèce menacée». Lorsqu'on les laisse en vie, elles sont moins soignées, moins nourries et moins éduquées que les garçons. Les journées de travail des filles sont plus longues que celles des garçons et ce, pour un «salaire» moindre. En 1995, l'ONU a dénoncé les «abus sexuels qui se dissimulent derrières les traditionnels mariages précoces».
Il y a aussi le travail le plus invisible qui soit: le travail domestique. Les associations anti-esclavagiste et l'UNICEF dénoncent le fait qu'un enfant-domestique, plus souvent une fille, est un véritable esclave. Monestier rapporte qu'en France, des «centaines d'enfants-domestiques-esclaves sont recensées chaque année»
Que faire?
Devant l'ampleur du phénomène de l'esclavage, un sentiment d'impuissance nous tenaille. Doit-on être fataliste et se dire qu'à cause de la pauvreté, l'esclavage des enfants est inévitable? Penser cela, c'est oublier que les pays pauvres, si pauvres soient-ils, dépensent une fortune en armements et que, là comme ailleurs, l'écart entre les riches et les pauvres est scandaleux. Pour permettre aux enfants du Tiers-Monde d'être éduqué - ce qui est, en grande partie, une solution au problème de l'esclavage - il faudrait «moins de 1% de ce que le monde dépense chaque année en armement» précise le président de l'UNICEF.
La pression de l'opinion publique est, elle aussi, déterminante. Des associations humanitaires dénoncent les grandes entreprises des pays riches qui s'enrichissent sur le dos de l'esclavage des enfants. La vigilance des associations humanitaires et des médias d'informations a un impact car «aucune entreprise occidentale n'a envie de devenir la cible d'une compagnie de presse la désignant comme esclavagiste».
Mais voilà, rien n'étant jamais simple, le boycott des consommateurs peut être une arme à double tranchant. L'UNICEF cite de «nombreux exemples d'enfants travailleurs ayant perdu un travail dans un secteur d'activités dénoncé et qui furent dès lors poussés à trouver de nouvelles sources de revenus dans d'autres activités et dans des secteurs plus dangereux et négatifs pour eux, et encore moins bien payés. Sans compter un grand nombre de filles poussées à la prostitution».
Le fait que l'enfant-esclave soit souvent le seul pourvoyeur de la famille ajoute aussi au problème. S'il perd son emploi, si mal rémunéré soit-il, ce sont tous les membres de sa famille qui se retrouvent à la rue. Il n'en demeure pas moins, selon le président de l'UNICEF, que la «pression de l'opinion publique est stratégique». D'autant plus que la misère et la nécessité n'expliquent pas, à elles seules, toutes les formes d'esclavage. La cupidité et la cruauté forment, on l'a vu, un terreau fertile à l'éclosion de l'exploitation des enfants. Exploitation qu'il faut dénoncer et enrayer.
Outre que nous pouvons devenir des consommateurs vigilants, nous pouvons faire partie d'associations humanitaires qui militent pour le respect des droits des enfants. Solidarité Chrétienne Internationale est l'une d'elles. Ces dernières années, elle a libéré pas moins de 5000 enfants-esclaves dont plusieurs récemment au Soudan.
Nous pouvons aussi faire des pressions auprès de nos gouvernements afin que les ministres cessent de fermer les yeux sur l'exploitation des enfants dans les pays où ils se rendent pour des raisons politiques et économiques. Pour paraphraser l'animatrice radiophonique Marie-France Bazeau lors d'une entrevue avec Martin Monestier, nous pouvons demander à nos politiciens s'ils considèrent que la vie des enfants-esclaves vaut moins qu'un contrat de défense ou un baril de pétrole....
Martin Monestier. Les enfants esclaves. L'enfer quotidien de 300 millions d'enfants. Préface de Bruno Ricatto, président du Comité français pour l'UNICEF. Le cherche midi éditeur. Nous remercions cet éditeur d'avoir autorisé la reproduction des photos du livre Les enfants esclaves.
Et pour ceux et celles qui viennent sur mon blog
juste pour prendre mes articles et mes photos pour se monter
un blog, je vous dit attention vous jouer avec le feu ,c'est le seul
avertissement que vous aller reçevoir.